Refugies du tsunami au Sri Lanka

Le 26 décembre 2004 à 6 h 58, un tremblement de terre d’une puissance de 9 sur l’échelle de Richter se déclenche au large de l’île indonésienne de Sumatra. Cette onde sismique sous-marine d’une violence inouïe fend l’océan indien à une vitesse de plus de 800 km/h et induit en surface un tsunami se dirigeant droit sur les pays avoisinants. A 9 h 45, la côte Est du Sri Lanka est touchée par le vague meurtrière, qui rebondit ensuite sur l’Inde pour heurter 30 minutes plus tard la côte Sud-Ouest du pays. Le tsunami, phénomène inconnu de mémoire d’homme au Sri Lanka, fait 35 222 morts et disparus, déplace 516 510 personnes sur les routes, détruit 17 000 bâteaux de pêche, et dévaste 49 233 maisons (chiffres officiels). Nombre de pêcheurs disparaissent dans la catastrophe, laissant de nombreuses femmes et enfants sans ressources.

Au cours des semaines suivantes, l’armée sri lankaise réunit les survivants des zones littorales les plus dévastées dans des camps temporaires installés dans l’urgence par des ONG près de la capitale du pays, Colombo. Deux semaines après le tsunami, le gouvernement du Sri Lanka interdit l’adoption, même pour les couples sri lankais, afin de prévenir le tourisme sexuel. Plus de deux ans plus tard, plusieurs centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, vivent sans la moindre ressource dans des baraquements de fortune en bois dans un camp situé à Moratuwa, dans les faubourgs de la capitale à quelques rues des centres commerciaux du centre ville. Ces enfants abandonnés à eux-mêmes souffrent de malnutrition et de conditions d’hygiène quasi inexistantes.

Malgré les nombreux dons et subventions internationales envoyés du monde entier suite au tsunami, le gouvernement sri lankais n’a aujourd’hui (août 2006) toujours rien fait pour ces personnes toujours éloignées de leur village. Pour ces enfants vivant sans aucune protection, il existe un risque réel d’être kidnappés et enrôlés de force en tant qu’enfants soldats par les rebelles tamouls du LTED pour être envoyés au front de la guerre civile dans le nord du pays.

Indépendamment des ONG et du gouvernement, des initiatives sont pourtant apparues là où on ne les attendait pas pour aider cette population laissée à elle-même. Pierre et Ionie Sillière, un couple franco-sri lankais vivant en Normandie, ont récoltés plus de 35 000 euros de dons pour relancer la reconstruction de maisons et redonner le sourire à ces familles en détresse. Grâce à leur action, le camp de Colombo devient par moments un endroit qui respire l’espoir et où résonnent les rires d’enfants. En soutenant Priyani Kellman, véritable Mère Theresa du Sri Lanka dévouée à la cause de ces réfugiés, ils ont mis en place un système de microcrédits pour payer des outils à ceux désireux d’exercer leur métier. Les enfants du camp suivent également des cours dans une école dirigée par cette femme.

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