Les volcans du Chili

Voici le récit en images de mon voyage au Chili où j’ai réalisé l’ascension de plusieurs volcans andins, parmi les plus hauts de la planète.

N’hésitez pas à commenter ci-dessous cet article en me laissant votre avis sur ces photos ainsi que sur mes autres carnets de voyage !

Ce reportage a été publié dans le numéro d’été 2012 du magazine Là-Bas. Un interview dans l’émission La Nouvelle Internationale de Radio Nova est à écouter ici pour en savoir plus sur ce reportage.

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Copyright Arnaud Legrand 2008
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Arrivée à la tombée de la nuit à Valparaiso, le port de pêche coloré et bohème de la côte Pacifique. Air France a oublié mes bagages à Paris, mais peu importe. J'ai toujours avec moi mon fidèle Leica, prêt à prendre la température de la ville. Nous retrouvons un ami au Casino Social, un bar caché au fin fond d'une ruelle où se croisent les marins entre deux voyages au long cours. Les retrouvailles vont bon train, les verres de pisco, l'alcool local à base de raisin, s'enchaînent. Nous sommes évidemment sollicités par les nombreux musiciens et autres caricaturistes qui prennent d'assaut tous ceux qui n'ont pas l'air d'être du quartier.

Minuit passé, les colporteurs se font plus rares et les vieux oiseaux de nuit ont reconquis leur territoire. Nos voisins de table, casquettes de marin vissées sur la tête et boucles d'oreille de cap-horniers bien en évidence, ne se privent pas pour nous raconter spontanément leurs aventures marines. En les écoutant, nous nous imaginons slalomant les icebergs qui tombent du glacier du parc national de Torres del Plaine, ou franchissant les quarantièmes rugissants vers Salvador de Baia. Qu'importe si l'histoire est enjolivée, le plaisir de les écouter prime.

Nous sommes maintenant plus au Sud dans la région forestière de Pucón. L'automne diapre les pins de magnifiques couleurs dorées. Nous profitons des ernières journées ensoleillées pour réaliser l'ascension du volcan Villarrica avec Manuel et Diego, deux guides de la région. Alors que nous passons au dessus des derniers nuages à 2 500 mètres, un aigle se pose à quelques mètres de nous. Pas besoin d'un hélicoptère pour ressentir et immortaliser avec humilité toute la beauté majestueuse de cette Terre vue du ciel qui s'offre à nous.

Nous sommes maintenant plus au Sud dans la région forestière de Pucón. L'automne diapre les pins de magnifiques couleurs dorées. Nous profitons des ernières journées ensoleillées pour réaliser l'ascension du volcan Villarrica avec Manuel et Diego, deux guides de la région. Alors que nous passons au dessus des derniers nuages à 2 500 mètres, un aigle se pose à quelques mètres de nous. Pas besoin d'un hélicoptère pour ressentir et immortaliser avec humilité toute la beauté majestueuse de cette Terre vue du ciel qui s'offre à nous.

Nouvelle randonnée sous une pluie diluvienne le long du sentier littoral de Chiloé, une grande île du Nord de la Patagonie occidentale. Nous ne croisons ce jour-là qu'un unique promeneur irlandais. Tout sourire sous la tempête, il nous vante un adage bien de chez lui : « Il n'y a pas de mauvais temps, il n'y a que des mauvais vêtements. » Dommage, nous ne le savions pas auparavant. D'autant plus qu'il nous apprend que le refuge que nous espérions atteindre ce soir-là est fermé depuis la veille, dernier jour de la saison touristique. La nuit tombe, et le chemin devient de plus en plus impraticable en raison des torrents d'eau boueuse qui le traversent. Nous repérons une minuscule maison en taule dans un champ voisin et croisons son propriétaire
en train de nourrir ses quelques vaches. Après quelques minutes de discussion, il nous propose spontanément de nous héberger pour la nuit. Nous ne nous faisons pas prier pour faire sécher tous nos habits trempés autours du poêle qui occupe quasiment toute l'unique pièce de la maison. Lui, sa femme et leurs quatre enfants sont des huilliches, et vivent ici en autarcie, sans eau ni électricité. Nous passons une soirée mémorable à la lueur de leur lampe à gaz, à échanger sur nos vies si différentes, à leur montrer nos photos de Paris, à comprendre à travers leurs mots que l'urgence et le stress n'existent pas pour eux. Les enfants me regardent tel un extra-terrestre avec mon mètre quatre-vingt-dix, et nous partageons leur couranto, la soupe quotidienne à base de poissons. La nuit à même le sol est courte mais heureuse.

De nouveau en marche, cette fois-ci dans les Andes du Nord du pays pour réaliser l'ascension d'un autre volcan en activité, le Láscar, qui culmine sur l'Altiplano à 5 592 mètres d'altitude. Les paysages sont lunaires, le silence total. L'air salé de l'Atacama est si sec que chaque apparition sur notre route s'accompagne d'une aura mystique. Un vent poussiéreux se lève à l'horizon, le soleil sculpte le relief et nous croyons apercevoir une horde de chevaux sauvages. La réalité, plus cocasse, nous fera rencontrer quelques minutes plus tard un groupe de touristes américains à cheval, égarés dans le désert faute de batterie sur leur GPS.

Il est 5h30 du matin. Nous avons campé à 4 500 mètres d'altitude sur l'altiplano près des frontières bolivienne et argentine. Il fait encore - 10° et la nuit a été glaciale. Mes compagnons de voyage sont déjà dehors en train d'arpenter le plateau au milieu d'étranges fumerolles. Les premiers rayons du soleil nous plongent dans une ambiance de fin du monde, où les vapeurs de mercure semblent nous envelopper. Antonio, notre guide argentin, prépare le petit déjeuner en réchauffant des briques de lait dans ce qui est en fait une source géothermale. Quelques vigognes nous toisent à une distance raisonnable. Nous improvisons un bain rapide dans les sources les moins sulfureuses avant de terminer notre ascension. À plus de 5 000 mètres d'altitude, le moindre pas est un défi. La température est glaciale, la respiration difficile, le mal de crâne omniprésent. La vue sur les Andes depuis le sommet du Làscar est époustouflante. Nous restons silencieux de longues minutes, suspendus à cette beauté irréelle.

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